Transcription
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Monseigneur je suis depuis cinq ou six jours en ce lieu pour prendre lair et donner ordre
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à mes affaires, ce que jespère avoir faict dans autres IIII ou 6 jours. Si puis prendre le
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chemin de la court et y aller dire mes adieux, ensemble y parachever ce que je pourray de
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ce qui vous touchera et notre compaignie. Je receus hier bien tard votre lettre du VIIme aoust, acccompaignée
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de plusieurs autres. J’envoye ce matin Valernod à Paris pour mettre à la poste ceulx quescriviz
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monsieur de Chastellard qui sest mis devant à la court. Le roy et la royne ont bonne opinion
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des compaignies des Corses, ce qui pourra faciliter leur payement. Et quant aux aultres compaignies,
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je vous ay jà escrit quelles sont toutes cassées. Ledit sieur de Chastellard sollicitera par tous les
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moyens de recouvrer quelques estatz de gardes des petis seaulx pour deux des votres.
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Vray est que ce ne sera sans finance, pource que tout tourne au prouffit de la royne.
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Je persiste à mon advis quil ne sera hors de propos que faisiés ung voyaige par deça.
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Nous en deviserons de bouche sy n’estes departy avant que je soye arrivé en Daulphiné où je
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ne vois pas que nous puissions arriver guières plustost qu’à la fin de septembre, dautant
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que je pourray seiourner encore quelques huict jours passant par la court, et puis je voys
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Bellemieu. Jay bonne esperance que voz VIm l[ivres] qui sont sur la parcelle passeront ceste
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fois, car monsieur de St Bounet nous en a parlé en bonne sorte. Jen croy autant de la partie
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de monseigneur le primat, lequel nest à la court ; ny monseigneur son père, car lun est
18à Champigny et lautre à St Fergeol. Quant à faire le taux des [barré : coups ] vivres des
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compaignies de gendarmes estans en garnison en Daulphiné, estant arrivé à la court,
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je feray ce que je pourray et ne doubte qu’on vous baillera la charge dy pourvoir, dautant
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que estant sur les lieux, y scauriés mieulx donner ordre, les commis des Estatz appellez,
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joinct quil vous appartient de faire ledit taux par la charge qu’avez destre lieutenant du roy.
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Je ne vous veulx celler que je prens ung plaisir indicible à me proumener en ce lieu
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qui est une belle pièce de terre toute en ung tenant et dure VIm pas à plain pied le long
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du rivaige de Seine et environ deux mil cinq cens pas de large, les trois pas
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faisans la toise ; et ayant gousté de ce plaisir, je ne mesbahis sy le prenez semblable à Laval.
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Je finiray ma lettre par mes affectueuses recommandations à votre bonne grace, priant le
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Createur vous donner
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Monsieur en parfaicte santé, longue et contente vie. De La Borde, ce XXIIIIme jour
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D’aoust 1571.
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Vostre à jamais plus fidelle et plus
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affectionné serviteur
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Truchon
